L’ANTICHAMBRE

Profondément influencé par la cosmogonie et la spiritualité, le travail d’Haythem Zakaria se situe à la croisée de systèmes et de disciplines qui empruntent autant à l’autorité des sciences dures qu’aux mythologies traditionnelles. Animé par la volonté de recouvrer des figures archétypales sous nos schémas rationnels, il convoque une grande variété de technologies avancées (programmation interactive, capteurs, objets de quantification métrique, etc.) tout en ayant recourt à des média plus classiques tels que la photographie, la vidéo, la sculpture ou le dessin.
Ces différents outils deviennent pour lui, non tant le prolongement de son corps ou de son esprit que la membrane à partir de laquelle son être se plie à une matrice. La contrainte et les protocoles qu’il se fixe sont une manière d’opérer un décentrement : au moi actif et conscient de son action, Haythem Zakaria préfère le principe de méditation promis par la répétition et les automatismes de la partition. C’est ainsi qu’avec son projet « Ruthmos », Haythem Zakaria se livre à une performance qui l’oblige à suivre le rythme régulier d’un métronome ordonnant la cadence de son dessin. Point après point, son esprit se libère et la main devient le servomécanisme de l’outil qui l’appareille…