À propos
Marion Zilio est philosophe, autrice, critique d’art et curatrice. Elle vit et travaille entre Paris, Bruxelles et Rennes.
Titulaire d’un doctorat en Esthétique, sciences et technologies des arts (Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), sa thèse Esthétique de la fluidité. Le visage contemporain (2013) explorait les liens entre techniques, capitalisme et processus de subjectivation. Elle développe depuis une recherche située à la croisée de la philosophie contemporaine, des cultures visuelles et des pratiques curatoriales, selon un prisme résolument intersectionnel et élargi au vivant.
Son travail explore les récits techniques et les zones liminales de l’individuation. Elle mène également des recherches sur les « écritures mobiles », et la manière dont celles-ci expérimentent divers points de vue, traversent d’autres dimensions ou temporalités, renégocient ce que les historiographies dominantes ont patrimonialisé. Son rapport à l’écriture s’inscrit dans une recherche formelle constante, où les concepts se déplacent, s’incarnent, bifurquent.
Elle prépare actuellement une Habilitation à Diriger des Recherches (HDR) intitulée Écologie de la fluidité : Une épistémologie encorporée et intriquée de la recherche-création, sous la direction d’Yves Citton.
Elle est l’autrice de Faceworld. Le visage au XXIe siècle (PUF, 2018 ; Polity Press, 2020), où elle fait l’hypothèse d’une lecture technique du visage compris comme un « artefact », entre dispositif de pouvoir et appareil d’émancipation. Dans Le Livre des larves. Comment nous sommes devenus nos proies (PUF, 2020 ; Cactus éditions, 2022), elle radicalise la critique de l’individuation moderne — pensée à partir de l’idéal de l’imago — en mobilisant la figure de la larve comme métaphore prolifique de l’inachèvement, de l’altérité radicale et de l’intersubjectivité entre mondes humains-non-humains. Son dernier livre, La lutte des mondes. Délire et fascisme à l’ère des multivers (PUF, 2026), propose une analyse des mondes intriqués — multivers et métavers de la Silicon Valley, réalismes artificiels des IAg, mais aussi Umwelten animaux, plurivers décoloniaux, monde des rêves —, et les effets de cette multiplicité sur notre perception du réel. Elle y développe une critique du néofascisme contemporain, articulée aux logiques du délire algorithmique et de récits concurrents.
Elle est actuellement professeure de philosophie des médias à l’ESA Saint-Luc Bruxelles, de théorie des arts à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne – site de Rennes (EESAB), et chargée de cours à l’Université Paris 8. En 2018, elle a été professeure invitée à l’École nationale supérieure de cinéma de Téhéran.
Elle participe régulièrement à des ouvrages scientifiques, des monographies ou des catalogues d’exposition (MAC VAL, MO.CO, Drawing Lab, Musée des Beaux-Arts de Lausanne, éditions Imogène, Nuit Blanche…) et intervient dans de nombreux colloques. En tant que curatrice, elle conçoit des expositions en France et à l’international pour des galeries, centres d’art, institutions ou lieux alternatifs : la Villa Arson (Nice), le lieu unique (Nantes), Bandjoun Station (Cameroun), le 3 bis f (Aix-en-Provence), l’Espace Le Carré (Lille), la Cité internationale des arts (Paris), le B’chira Art Center (Tunisie), le centre d’art contemporain Tignous (Montreuil), le Carrousel du Louvre (Paris), etc.
En 2017, elle a été nommée Directrice artistique de la Young International Art Fair, en dialogue avec le réseau Marais Culture+ (Musée Picasso, Archives nationales, MEP, Musée des arts et métiers, Musée Cognacq-Jay…).
En 2026, elle est invitée en résidence à la Caza d’Oro pour mener une recherche sur tout le territoire Occitanie autour des enjeux de « Folie & fascismes, d’hier et d’aujourd’hui ».
Membre de l’AICA France (Secrétaire générale de l’AICA-France entre 2018 et 2024)
Membre de C-E-A / Association française des commissaires d’exposition (membre du conseil administratif de CEA entre 2017 et 2023)
Membre du comité de rédaction de la revue de critique d’art contemporain – Possible
Marion Zilio is a philosopher, author, art critic and curator. She lives and works between Paris, Brussels, and Rennes.
She holds a PhD in Aesthetics, Sciences and Technologies of Arts from the University of Paris 8 Vincennes – Saint-Denis. Her thesis, Aesthetics of Fluidity: The Contemporary Face (2013), explored the links between technics, capitalism, and processes of subjectivation. Since then, her research has developed at the intersection of contemporary philosophy, visual cultures, and curatorial practices, through a resolutely intersectional lens extended to the non-human and the living.
Her work explores technical narratives and the liminal zones of individuation. She also conducts research on « mobile writings » — examining how these forms experiment with multiple perspectives, traverse other dimensions or temporalities, and renegotiate what dominant historiographies have fixed as heritage. Her relationship to writing is inseparable from a constant formal exploration, where concepts move, embody, and bifurcate.
She is currently preparing her Habilitation to Direct Research (HDR), entitled Ecology of Fluidity: An Embodied and Entangled Epistemology of Research-Creation, under the supervision of Yves Citton.
She is the author of Faceworld. The Face in the 21st Century (PUF, 2018; Polity Press, 2020), in which she analyzes the face as a technical artifact embedded within systems of power and emancipation. In The Book of Larvae: How We Became Prey (PUF, 2020; Cactus Editions, 2022), she radicalizes the critique of modern individuation — conceived through the ideal of the imago — by mobilizing the liminal figure of the larva as a prolific metaphor for incompletion, radical otherness, and intersubjectivity between human and non-human worlds. Her most recent book, La lutte des mondes. Delirium and Fascism in the Age of Multiverses (PUF, 2026), proposes an analysis of entangled worlds — Silicon Valley multiverses and metaverses, AI artificial realisms, animal Umwelten, decolonial pluriverses, dream worlds — and the effects of this multiplicity on our perception of reality. She develops a critique of contemporary neofascism, linking it to the logics of algorithmic delirium and competing narratives.
She is currently Professor of Media Philosophy at ESA Saint-Luc Brussels, Professor of Art Theory at the European School of Art of Brittany – Rennes campus (EESAB), and Lecturer at the University of Paris 8. In 2018, she was Visiting Professor at the National School of Cinema in Tehran.
She regularly contributes to scholarly publications, monographs and exhibition catalogues (MAC VAL, MO.CO, Drawing Lab, Musée des Beaux-Arts de Lausanne, Nuit Blanche…) and speaks at numerous conferences. As a curator, she designs exhibitions in France and internationally for galleries, art centres, institutions and alternative spaces: Villa Arson (Nice), le lieu unique (Nantes), Bandjoun Station (Cameroon), 3 bis f (Aix-en-Provence), Espace Le Carré (Lille), Cité internationale des arts (Paris), B’chira Art Center (Tunisia), centre d’art contemporain Tignous (Montreuil), Carrousel du Louvre (Paris), among others.
In 2017, she was appointed Artistic Director of the Young International Art Fair, in dialogue with the Marais Culture+ network (Musée Picasso, Archives nationales, MEP, Musée des arts et métiers, Musée Cognacq-Jay…).
In 2026, she is invited in residence at Caza d’Oro to conduct research across the Occitanie region on the issues of « Madness & Fascisms, past and present. »
Member of AICA France (Secretary General of AICA-France, 2018–2024)
Member of C-E-A / French Association of Exhibition Curators (member of the CEA board, 2017–2023)
Member of the editorial board of the contemporary art criticism journal – Possible